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ALTERNATIVE ?

J’ai balancé longtemps entre vous narrer l’essentiel de nos débats du dernier Conseil d’Administration et vous entretenir de nos préoccupations géopolitiques quand l’Ukraine et la Russie, leurs peuples sont concernés voire affectés dans leur existence quotidienne par le conflit et sa non résolution. Faire les deux eût été préférable mais incompatible avec les exigences et normes d’un éditorial. C’est la réunion des BRICS à Oufa qui me fit opter pour le propos plus général. A coup sûr le Président Poutine y tentant de conduire une initiative où la Russie serait maîtresse d’un nouvel ordre mondial. En effet ce regroupement de puissances (Brésil – Afrique du Sud – Chine – Inde – Russie) est tel qu’il pourrait contrebalancer toute autre volonté hégémonique, en l’occurrence celle des Etats-Unis et de son instrument le dollar. Encore faut-il s’accorder sur les finalités politiques et se doter de moyens financiers propres à échapper dans les échanges internationaux au monopole du dollar. Pour ce faire une banque de développement a été créée dont le siège est à Shanghai mais est-il bien certain, et l’engagement sera-t-il durable, que chacun des pays associés soit décidé à considérer prioritairement l’intérêt collectif et renoncer à ce qui le lierait pour la poursuite de ses intérêts particuliers à la sphère de domination impériale ? Ceci étant vrai notamment pour les deux grands pays asiatiques, par ailleurs rivaux, la Chine et l’Inde.

Il n’est certes pas besoin d’être expert pour s’exprimer avec raison sur l’état et la marche du monde. A fortiori quant à Oufa se dessineraient, peut-être, les contours, d’un autre monde que celui des dominations et prédations, des inégalités et des guerres. Il ne serait toutefois pas avantageux pour les peuples, pour nous, qu’une éventuelle alternative conçoive les rapports entre les nations, les femmes et les hommes selon la même logique peu  soucieuse de respect, d’égalité et de partage.

Ce point de vue associatif était déjà celui qui nous fit nous exprimer à deux reprises sur le conflit ukrainien. Il ne nous suffit pas pour être rassérénés de penser avoir vu et dit juste : l’étrange silence médiatique signifierait-il que les solutions sont en voie d’être trouvées et donc la situation en voie de normalisation ? Il est plutôt à craindre que le conflit ne soit réactivé faute d’une mise en oeuvre des préconisations politiques de Minsk 2.

C’est toujours la situation socio-économique, les conditions de vie des populations ukrainiennes et de la démocratie politique qui retinrent prioritairement notre attention et commandèrent notre jugement. A cet égard et très concrètement quel a été le mémorandum remis au FMI en contrepartie de son aide et dont les mesures affecteront les Ukrainiens de l’Ouest ?

- une réduction du nombre de fonctionnaires de 3 % ;
- un recul progressif de 5 ans de l’âge de la retraite ;
- une privatisation du secteur de la santé ;
- une privatisation de l’électricité ;
- une réduction du nombre d’écoles de 5% ;
- une réduction du nombre d’établissements d’enseignement supérieur de 802 à 317.

N’est-ce pas là une cure d’austérité à la grecque ?

Puisse à  Oufa et en Ukraine demain prévaloir, selon notre vœu, le souci primordial du bien-être et du bonheur des peuples, souverains quant à leur avenir, fruit de leurs justes coopérations et de la paix qu’elles organisent. Utopie ? Enfin.

Marc DRUESNE

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